<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>L’&#xe9;tranger</title><link>http://letranger.canalblog.com/</link><description>Quoi faire avant qu’il rentre par cette porte et dise qu’il m’adore et qu’il va changer toute ma vie dans une demi-heure.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Wed, 20 Aug 2008 18:12:07 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>m&#xea;me chambre, &#xe9;tage diff&#xe9;rent</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/07/26/2357655.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/07/26/2357655.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2357655/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/07/26/2357655.html</guid><description>&lt;p&gt;Quand je suis retourn&#xe9; avec sa bi&#xe8;re et il m’a remerci&#xe9; comme on remercie une vendeuse, je lui ai demand&#xe9; : &lt;/p&gt;&lt;p&gt;-Est-ce qu’on peut parler ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;-Vas-y. On parle pas ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Non, on parle pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- T’es f&#xe2;ch&#xe9;, il a dit, comme si &#xe7;a j’aurais pas le droit.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- F&#xe2;ch&#xe9; n’est pas le mot. (Ici j’aurais voulu dire d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;  mais…) Je suis frustr&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Parce que j’ai pas fait l’amour avec toi ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Non, j’ai dit, honteux, et perplexe qu’il s’en soit rendu comte. Je ne te sens pas amoureux.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;- Mais je sais…je suis pas bien dans ma t&#xea;te, tu sais tr&#xe8;s bien. J’ai pas de travail, je suis dans la merde. J’ai rien. J’ai rien. L’autre &lt;br /&gt;dit &#xab; oui, oui, je t’appelle quand il y a de boulot &#xbb;, nique sa m&#xe8;re, mon fr&#xe8;re bla bla bla bla bla.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme s’il m’inondait avec ses trag&#xe9;dies humaines, comme si &#xe7;a me fermerait la gueule. Et mon besoin de sa chair. Comme si moi, si je d&#xe9;cidais de croire qu’il s’agissait d’un probl&#xe8;me social et non sentimental, &#xe7;a nous donnerait de la paix. De la r&#xe9;solution.&lt;br /&gt;Je sens que lui, il a peur des paroles. Il a peur de comment je m’en sers. Il a peur de n’&#xea;tre pas capable de r&#xe9;pondre &#xe0; la m&#xea;me hauteur. Il a peur des questions o&#xf9; la force physique ne sert &#xe0; rien.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais &#xe7;a, cette manipulation des notions abstraites, &#xe7;a c’est tout ce que j’ai. C’est la totalit&#xe9; de ma bo&#xee;te &#xe0; outils. Le cisellement de ma souffrance en mots c’est mon royaume. Comme son corps &#xe0; lui. Ses bras. Ses mains. Ses doigts intr&#xe9;pides. Sa tenue.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je parle, parle, parle, tout en essayant de ne pas trop dire. Comme si la sophistication de mes paroles le rendait impuissant en face de mon magn&#xe9;tisme intello. Ou bourgeois. Ou de blanc. Ou de p&#xe9;d&#xe9;. Ou d’&#xe9;tranger.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je parle jusqu&apos;&#xe0; ce que les mots deviennent des nœuds. Jusqu&apos;&#xe0; ce que ses oreilles bloquent mes d&#xe9;sespoirs. Jusqu&apos;&#xe0; ce qu’il dise &#xab; Ferme ta gueule &#xbb;, &#xab; La prochaine fois, je te frappe &#xbb; et, pire, &#xab; demain matin, je pars avec mes affaires. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et je ne suis pas s&#xfb;r &#xe0; quel point il faut &#xea;tre honn&#xea;te avec soi et dire &#xab; &#xe7;a suffit &#xbb;, ou &#xab; &#xe7;a c’est ma limite &#xbb;, ou m&#xea;me &#xab; c’est moi qui m’en vais &#xbb;. Reconna&#xee;tre la d&#xe9;faite. Je me demande quand il faut  se dire que c’est fini. Que c’est d&#xe9;j&#xe0; trop moche, et sale et monstrueux. Que les autres se moqueraient de nous s’ils ne faisaient pas pareil.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 26 Jul 2006 07:32:26 GMT</pubDate></item><item><title>hotel pr&#xe9;lude, encore une fois</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/06/18/2112570.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/06/18/2112570.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2112570/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/06/18/2112570.html</guid><description>&lt;p&gt;Peut-&#xea;tre pas par hasard, il a fallu qu’on revienne ici pour fermer le cercle. Ce b&#xe2;timent avec des esp&#xe8;ces de demi &#xe9;tages o&#xf9; l’ascenseur s’arr&#xea;te pour nous offrir des escaliers &#xe0; monter ou &#xe0; descendre. Comme s’il essayait de nous dire que m&#xea;me si on choisit des syst&#xe8;mes m&#xe9;caniques pour nous d&#xe9;placer d’un &#xe9;tage &#xe0; un autre, il faut toujours faire encore un peu plus d’effort &#xe0; Paris, o&#xf9; il y a toujours quelque chose de chiant m&#xea;me dans les situations les plus agr&#xe9;ables. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;C’est ici, pas &#xe0; Saint Denis ou &#xe0; 93 que je me sens plus effray&#xe9;. Plus vuln&#xe9;rable. Plus d&#xe9;nud&#xe9;. Sans excuse, sans avenir, sans outil. &#xc0; cause de l’immoralit&#xe9; banale du voisinage qui semble dire &#xab; venez &#xbb; &#xe0; tout le monde sauf moi.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais encore plus &#xe0; cause de ce bar Portugais au coin de la rue de l’h&#xf4;tel, o&#xf9; si on m’insulte je comprends excessivement bien. Ma chair le sentirait m&#xea;me avant que mon cerveau. Et &#xe7;a fera trop mal. Comme s’ils &#xe9;taient venus de mon enfance jusqu’ici pour me tourmenter. Pour me rappeler que on ne tue vraiment pas la laideur du soi. Que l’oubli n’efface pas ses traces, et qu’ils reviennent comme des balles de ping-pong au fond de la baignoire. Des cadavres paresseux, anciens, oubli&#xe9;s au fond de la mer. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Comme si seulement en Am&#xe9;rique on pourrait vivre sa vie en faisant semblant qu’on n’est pas bizarre, grotesque. En faisant semblant que la haine est morte parce qu’on ne la manifeste pas. En faisant semblant que les gens n’ont pas l’envie de nous tuer, de nous frapper, de nous mutiler, et surtout, de rigoler de notre visage.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&#xab; T’inqui&#xe8;tes pas, le gens ne te feront rien parce qu’ils savent que tu es avec moi&#xbb;. C’est &#xe7;a qu’il a dit la derni&#xe8;re fois, quand on &#xe9;tait encore en train de construire nos r&#xf4;les, de nous convaincre de nos intentions, et que la taille de nos corps &#xe9;tait &#xe9;quivalente &#xe0; la taille de nos r&#xea;ves.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais cette fois il n’a rien dit. Comme si ses services de garde du corps auraient &#xe9;t&#xe9; expir&#xe9;s. Comme s’il me souhaitait de la chance &#xe0; partir de ce moment. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 17 Jun 2006 22:43:07 GMT</pubDate></item><item><title>boulevard magenta</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/06/09/2052653.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/06/09/2052653.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/2052653/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/06/09/2052653.html</guid><description>&lt;p&gt;Toujours le m&#xea;me rituel : je finis mon caf&#xe9; avant qu’il finisse sa bi&#xe8;re, je fais semblant de ne pas &#xe9;couter de quoi ils parlent, je cherche des &#xe9;crans de t&#xe9;l&#xe9; &#xe0; regarder, des petits annonces &#xe0; lire, les gens &#xe0; observer. M&#xea;me la ros&#xe9;e de la bouteille de bi&#xe8;re &#xe0; &#xe9;tudier, suivre une goutte qui glisse sans la moindre r&#xe9;flexion vers le comptoir. Presque fi&#xe8;re de sa chute irr&#xe9;versible.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il me demande &#xab; on y va ? &#xbb; et pendant un second il semble que tout va bien. Qu’il croit encore qu’il m’aime, qu’il a besoin de moi. Qu’on va vivre une tr&#xe8;s grande histoire ensemble. Que les autres dans le monde ne vont jamais nous tenter de changer de direction. Qu’on n’a pas de d&#xe9;fauts, ou de laideur, ou de n&#xe9;vroses. Qu’on est des personnages, pas des gens. Qu’on s’en fout de l’impossible. On s’en fout de la mort, des queues &#xe0; la banque, des buttons au visage, des rides, des flics. Des tremblements de terre, des bombes, des expositions d’art, de la salet&#xe9; par terre, de la nourriture expir&#xe9;e, de l’infantilisme qui nous fait sourire, chanter, qui nous anesth&#xe9;sie. Qui nous donne abris, qui nous sert de manteau. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;On dit adieu &#xe0; la Polonaise et &#xe0; sa m&#xe9;diocrit&#xe9; b&#xe9;nie. Visiter les gens, se sentir aim&#xe9;, occup&#xe9;, la vie est une autre quand on n’a pas de boulot. Quand il faut cr&#xe9;er les emb&#xea;tements de la vie. Il faut toujours bouger. Bouger, bouger, bouger. Pour se sentir encore l&#xe0;, pour justifier l’espace physique qu’on occupe, pour dire au gens que &#xe7;a va, qu’on se d&#xe9;brouille, qu’on arrive, que notre existence ne s’agit pas d’une farce, d’un gaspillage de chair et d’os et d’orifices. D’une erreur de Dieu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;On attend le m&#xe9;tro, on regarde le plan de Paris, on ne sourit pas, on ne se met pas trop proche, pas trop loin. On occupe nos r&#xf4;les, on ne dit rien, on laisse une pause entre nos entretiens. On respire. On fait attention au monde r&#xe9;el. Au monde sans passion. &#xc0; ce que c’est que le monde ext&#xe9;rieur. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il ne s’occupe pas de moi. Plus jamais. Il attend que j’y aille. Je sais. Il en a marre de notre liaison sans paroles, sans d&#xe9;monstrations. Sans avenir. Sans possibilit&#xe9;s narratives. Sans validation ext&#xe9;rieure.  Comme si c’&#xe9;tait moi le seul boulot qu’il avait, et qu’il s’agissait d’un boulot secret, honteux. Et un boulot dont on ne peut pas parler ne sert &#xe0; rien.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il reste immobile et ennuy&#xe9;. Comme avant. Comme toujours. Mais sans le contentement de ne pas encore avoir besoin de chercher un objet de d&#xe9;sir qui le rend visible. Sans la fiert&#xe9; discr&#xe8;te de ceux qui savent, de ceux qui se savent n&#xe9;cessaires. Sans enthousiasme ; tranquille et gel&#xe9;. Mais portant les yeux fatigu&#xe9;s de quelqu’un qui essaye de ne pas faire de mal &#xe0; un autre si &#xe7;a veille dire faire du mal &#xe0; lui-m&#xea;me.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me regarde dans la glace de la fen&#xea;tre, je peux me voir chaque fois que le train passe tout pr&#xe8;s d’une muraille en b&#xe9;ton. Je regarde aussi la jeune femme avec ses deux enfants, et toute la responsabilit&#xe9; de quelqu’un qui sait exactement ce qui on attend de lui. Et je me rends compte que m&#xea;me nous, les p&#xe9;d&#xe9;s, on n’a aucune id&#xe9;e de combien le monde ext&#xe9;rieure ne peut &#xea;tre qu’une force qui blesse et qui fait jouir &#xe0; la fois. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette femme blanche et presque laide, mais mince, deux enfants, un mari et une maison sans aucun effort. C’est comme si on lui avait donn&#xe9; un plan de Paris avant qu’elle essaye de trouver la Mairie. Et que nous, on nous aurait donn&#xe9; une enveloppe sans lettre ni timbre, tout en ayant la m&#xea;me destination de cette femme laide, mais mince.&lt;br /&gt;Je me rends comte que c’est une bataille perdue. Folle. Ridicule. Que je ne suis pas Sylvia Plath. Et que le Sida est la seule chose qui nous appartient.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 09 Jun 2006 02:54:17 GMT</pubDate></item><item><title>barb&#xe9;s</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/05/31/1991763.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/05/31/1991763.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1991763/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/05/31/1991763.html</guid><description>&lt;p&gt;J’avais d&#xe9;j&#xe0; l’habitude de ne rien lui dire et de ne rien &#xe9;couter dans le m&#xe9;tro. C’&#xe9;tait toujours comme &#xe7;a, ce mutisme social. Moi, je lis mes livres ; lui, il &#xe9;coute mes chansons. Des fois, quand il n’y a plus de pile, il regarde les images de mes magazines. Il traite d&#xe9;daigneusement ces trucs l&#xe0; : les mots. &#xab; Moi, je peux te raconter des histoires mieux que tes livres &#xbb;, il dit. &#xab; Oui, je sais &#xbb;, je pensais, sauf que toi et moi on a des histoires &#xe0; vivre, pas &#xe0; raconter. Cet homme sans mots, sans paroles, m’a montr&#xe9; l’importance, la validit&#xe9;, des choses non &#xe9;crites. Des choses qu’on fait. Des choses trop r&#xe9;elles pour &#xea;tre pens&#xe9;es. Ou po&#xe9;tis&#xe9;es. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La vie, la vraie vie, on ne la po&#xe9;tise pas -- son existence, son corps, sa tenue semblait me dire. La vie, on la vit. Sans essayer de la maquiller, de l’imaginer comme si on n’&#xe9;tait pas fait en chair. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il descend du m&#xe9;tro et je le suis. Il me demande si on va dire bonjour &#xe0; Margot. Une copine Polonaise &#xe0; lui. Si je dis non, il va me trouver une connasse, donc je dis oui, comme si je croyais &#xe0; leur amiti&#xe9;. Comme si elle avait toutes ses dents. Comme si elle faisait d’autres choses que fumer et lui donner des bi&#xe8;res gratuites. Comme si elle n’&#xe9;tait pas venue des taudis de la Pologne. Comme si elle n’avait pas d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;t&#xe9; prostitu&#xe9;e. Comme si elle avait d&#xe9;j&#xe0; lu un livre. Comme si elle lui faisait du bien. Comme si moi, comme si je n’&#xe9;tais pas jaloux. De la gaiet&#xe9; qu’elle lui provoquait. De la mani&#xe8;re dont elle vivait sa vie :&amp;nbsp; sans le fardeau d’essayer de la comprendre. De la changer. De l’am&#xe9;liorer.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt; On arrive et cette femme presque heureuse de 37 ans le re&#xe7;oit avec toute son &#xe9;nergie d’&#xea;tre humain sans aspirations surhumaines. C’est pour &#xe7;a que je la d&#xe9;testerais si elle &#xe9;tait plus proche. C’est parce qu’elle est heureuse. Elle gagne son argent ; elle le d&#xe9;pense ; elle boit de l’alcool ; elle danse. Et elle est contente. D’&#xea;tre vivante. D’avoir un boulot. Un corps de femme. Une &#xe2;me simple. Du fait que la Pologne fait partie de l’Union Europ&#xe9;enne. Et qu’elle n’a pas d’enfants.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Elle m’offre une boisson sans me dire bonjour. Elle est toujours discr&#xe8;tement &#xe9;tonn&#xe9;e que je ne demande jamais d’alcool. &#xab; Un caf&#xe9; s’il te plait. &#xbb;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et pendant que je d&#xe9;cide si je mes un ou deux morceaux de sucre, il lui dit un truc en confidence. Et elle r&#xe9;pond : &#xab; Pas avec lui &#xbb;, en se moquant de ma queerness sans s’en rendre comte. Je suis s&#xfb;r qu’il lui a dit : &#xab; Je sors avec quelqu’un &#xbb;. Et qu’il &#xe9;tait fier de dire &#xe7;a. Du fait qu’il y avait quelqu’un sur Paris qui voulait sortir avec lui. Peut-&#xea;tre m&#xea;me l’aimer, lui donner des enfants. Et qu’il s’agissait d’une vraie femme. Un &#xea;tre qu’il avait le droit de montrer aux autres. Sans se sentir particuli&#xe8;rement brave, subversif ou criminel.&lt;br /&gt;&#xab; Je sors avec quelqu’un &#xbb;, il lui a dit. &#xab; Pas avec lui &#xbb; elle a r&#xe9;pondu. La pute.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Et je me laisse souffrir l&#xe0;, comme si je ne peux rien entendre. Comme si je n’aurais m&#xea;me pas le droit de souffrir. Comme s’il faudrait que je me sente d&#xe9;j&#xe0; assez content d’avoir re&#xe7;u son regard pour quelque temps. Comme si c’&#xe9;tait excessif de ma part d’esp&#xe9;rer encore plus, toujours plus. Comme si mon &#xe9;tat d’&#xe9;tranger sexuel me castrait le droit de me f&#xe2;cher quand quelqu’un me fait du mal. Parce qu’il faut que les p&#xe9;d&#xe9;s se sentent d&#xe9;j&#xe0; satisfaits qu’on nous laisse vivre. Par le fait qu’on nous laisse errer;&amp;nbsp; qu’on nous laisse parcourir les rues du monde librement. Et qu’ils nous baisent de temps en temps. &lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 31 May 2006 01:34:37 GMT</pubDate></item><item><title>st. michel</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/05/01/1794638.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/05/01/1794638.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1794638/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/05/01/1794638.html</guid><description>&lt;p&gt;On passe par un kiosk de presse. Je tue mon d&#xe9;sir d’acheter un magazine litt&#xe9;raire lorsque je me souviens tous les autres qui j’ai achet&#xe9; la derni&#xe8;re fois et qui n’ont pas encore &#xe9;t&#xe9; lus. Ou brout&#xe9;s. Mais qui sont bien gard&#xe9;s, comme des petits tickets de m&#xe9;tro de l’&#xe9;t&#xe9; dernier. Au cas o&#xf9; une pulsion absolue d’&#xe9;laborer un journal des m&#xe9;moires adolescentes vienne dans l’esprit. Au cas o&#xf9; tout se termine et que je n’aie que ces petits morceaux de papier, ces factures avec nos noms, ces brochures de soir&#xe9;es branch&#xe9;es pli&#xe9;es en deux, pour prouver qu’une fois, une fois un vrai homme m’a aim&#xe9;.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;La langue fran&#xe7;aise, cette pute, elle fait qu’on accepte des choses d&#xe9;gueulasses seulement parce qu’elles ont l’air de sonner bien en forme de bouquin. En forme d’anecdote racont&#xe9;e &#xe0; des amis intellos, ou presque. En forme de chose lisible, s&#xe9;rieuse, publiable, admirable.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Des l&#xe2;ches, les Fran&#xe7;ais, en se cachant des horreurs humaines derri&#xe8;re des paroles bien pens&#xe9;es, des bouches bien perch&#xe9;es, du cin&#xe9;ma bien tourn&#xe9;. Les Fran&#xe7;ais font de leurs vies ce que les Am&#xe9;ricains font de leurs faiblesses :&amp;nbsp; ils les cachent entre des serre-livres, les maquillent avec des r&#xea;ves anachroniquement b&#xea;tes. Ils les retardent en les imaginant trop. Ces victimes des espoirs fous.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 01 May 2006 03:29:53 GMT</pubDate></item><item><title>brasserie devant restaurant gigi</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/25/1761239.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/25/1761239.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1761239/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/25/1761239.html</guid><description>&lt;p&gt;Mais cet apr&#xe8;s-midi, il ne faisait m&#xea;me pas d’efforts pour me convaincre qu’il avait encore besoin de moi. De ma peau, de mes rappels, de mes visites, de mon argent, de mes oreilles. De la garantie de ma pr&#xe9;sence.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La douceur manquait &#xe0; ses yeux. La douceur protectrice, animalesque d’avant. La douceur b&#xea;te et infantile de quand on r&#xea;ve ensemble. Des r&#xea;ves diff&#xe9;rents, c’est clair, mais avec les m&#xea;mes personnages. Le m&#xea;me but. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je le regarde et je m’aper&#xe7;ois que la plupart de ses fringues viennent de moi. Sauf ses bottes et les lunettes de soleil. Je me suis rendu compte comme les limites changent avec l’augmentation de la peur de tout perdre. On apprend &#xe0; se taire si on veut que la douceur ne devienne pas trop am&#xe8;re.  On apprend &#xe0; se violenter pour &#xe9;viter des changements, des signes que tout n’est pas bien. Qu’il commence &#xe0; s’&#xe9;loigner, &#xe0; cogiter des alternatives, &#xe0; imaginer mon absence. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;On apprend &#xe0; se diminuer pour qu’il puisse se sentir libre, propri&#xe9;taire de la situation. On apprend &#xe0; s’aveugler, &#xe0; ne rien penser, &#xe0; trop penser, &#xe0; mourir un peu, pour pas mourir totalement. On apprend &#xe0; accepter le r&#xf4;le des mensonges dans des situations de cœur, de d&#xe9;pendance.  On apprend m&#xea;me &#xe0; &#xea;tre content d’&#xea;tre malheureux. Et, au moins, de n’&#xea;tre pas seul, sans baiser, sans attendre. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Quand on rentre dans une brasserie pour demander des formules ch&#xe8;res qui arrivent toujours avant qu’on s’ennuie, je pense : il est possible que je me trompe. Il est possible qu’il ne s’agisse pas des irr&#xe9;versibilit&#xe9;s de la fin, mais des changements normaux des rapports qui r&#xe9;sistent au temps. Peut-&#xea;tre que c’est comme des cauchemars o&#xf9; on tue quelqu’un, ou l’&#xe9;crase, o&#xf9; on est nu et humili&#xe9;, et on nous demande dans le cauchemar si c’est un cauchemar, et on trouve que non.&lt;br /&gt;Et apr&#xe8;s, on se rend compte que oui. Et qu’on croit tout ce qu’on se dit si on a vraiment besoin de le faire.&lt;br /&gt;Et qu’on est trop bon en trouvant des fa&#xe7;ons de tergiverser l’in&#xe9;vitable, la d&#xe9;faite.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Apr&#xe8;s le repas on prend le m&#xe9;tro. On fait un tour. Il &#xe9;coute son iPod. Mon iPod. Il m’appelle par mon nom. Pas &#xab; ch&#xe9;ri &#xbb; ou &#xab; coco &#xbb; comme avant. Ou &#xab; ma puce &#xbb; comme tout &#xe0; l’heure. Il m’appelle par mon nom. Mon nom de mec. Ce qui rend ces rapports m&#xea;me plus grotesques. Comme s’il ne savait pas qu’il s’agit de deux bites. Qu’il s’agit d’une blague, d’une histoire, d’un mensonge. D’une fantaisie n&#xe9;vrotique. Qu’il s’agit de mes strat&#xe9;gies de gar&#xe7;on perdu, et bien g&#xe2;t&#xe9;. Et sans aucune autres options, comme lui. Sauf que criminel, et l&#xe2;che, parce que conscient. Conscient du mal qui se d&#xe9;veloppe, qui s’accumule. Conscient de la chute qui vient bient&#xf4;t. Conscient du jeu. Du m&#xe9;canisme. Et encore muet. Strat&#xe9;giquement d&#xe9;sarm&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 25 Apr 2006 05:07:02 GMT</pubDate></item><item><title>rue monge</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/22/1744126.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/22/1744126.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1744126/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/22/1744126.html</guid><description>&lt;p&gt;On cherche un caf&#xe9;, on prend le m&#xe9;tro, on dit non aux gens, on fait attention &#xe0; nos sacs. On s’ennuie. Quoi d’autre &#xe0; faire &#xe0; Paris? S’ennuyer de la distance entre le soi et les autres, boire du caf&#xe9; jusqu&apos;&#xe0; la derni&#xe8;re pi&#xe8;ce, acheter des cartes oranges, esquiver les Am&#xe9;ricains, chercher des distributeurs, se demander vers o&#xf9; on est en train d’aller. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Il y a toujours un type de peur qu’on respire en marchant par les rues parisiennes. Une sensation de pouvoir rencontrer la plus belle beaut&#xe9;, ou la mis&#xe8;re la plus horrifique au tournant d’un coin. Une blonde excessivement bien habill&#xe9;e, ou un Pakistanais sans bras. Des amoureux, ou de la merde de chien. Et toujours des gens qui gardent leur bonheur trop &#xe0; l’int&#xe9;rieur, leur douleur un peu plus proche de leurs bouches.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On cherche un taxiphone aussi. &#xab; Comme d’hab &#xbb; il dit, sans perdre de vue sa distance de mon corps. Sans perdre de vue le fait qu’il faut au moins &#xea;tre gentil, parce qu’il nous manque une semaine enti&#xe8;re encore. Sept nuits. Sept jours vides &#xe0; remplir. &#xc0; &#xe9;viter des paroles sur l’avenir, sur ce qui nous g&#xea;ne, sur ce qui me g&#xea;ne, et ce qu’il tue avant qu’il lui br&#xfb;le la peau.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lui il s’esquive. Moi je m’approprie, je diss&#xe8;que, j’invente, j’inflige, je profite. Je saigne. J’adore. Je complote, je mine, je r&#xea;ve.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On s’aper&#xe7;oit que l’histoire est morte quand le regard de l’autre ne cherche pas le notre. Je me rappelle me sentir compl&#xe8;tement honteux, et surpris, quand il me regardait avant, en me d&#xe9;shabillant, absolument aveugle. Sans se rendre comte de ma laideur, de mes n&#xe9;vroses, de ma nature infid&#xe8;le, obsessive, claustrophobe – criminellement &#xe9;go&#xef;ste. &lt;/p&gt;

&lt;p&gt;On s’assoyait au Flunch, &#xe0; manger du poulet sans go&#xfb;t, &#xe0; boire du caf&#xe9; fade, en transformant ces heures ti&#xe8;des en des promesses de vie bourgeoise, ou sans arr&#xea;t, au moins.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Lui il profitait de ce regard social que je lui donnais. Il y a quelqu’un qui me regarde. Moi, je profitait de son regard en soi, des moments o&#xf9; il me touchait avec ses yeux, quand il me faisait le faveur de regarder ce corps &#xe0; moi, de me castrer doucement, sans h&#xe9;siter, sans se demander pourquoi, ou comment, ou jusqu’&#xe0; quand.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 22 Apr 2006 00:22:29 GMT</pubDate></item><item><title>&quot;t&quot;</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/12/1687349.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/12/1687349.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1687349/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/12/1687349.html</guid><description>&lt;p&gt;On se tra&#xee;ne jusqu&apos;&#xe0; la rue Mouffetard, o&#xf9; on ach&#xe8;te la meilleure glace du monde, un parfum qui commence avec la lettre &#xab;  t &#xbb; et sonne italien. Et ou on &#xe9;coute des Am&#xe9;ricains parler de ce qu’ils ont achet&#xe9;, des choses. Ils sont intelligents, les Am&#xe9;ricains, ils savent tr&#xe8;s bien se cacher de ce qui fait mal, de la tra&#xee;trise des choses sans limites; sans prix.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cette rue des petits touristes si joyeux qu’ils doivent &#xea;tre effrayamment tristes, c’est l&#xe0; o&#xf9; je me suis rendu comte que ou il me trompe, ou il me tromperai. Et que c’est pareil. Et pendant qu’on choisit entre une pizza de 18 euros et un kebab avec de la sauce samurai, je me demande s’il &#xe9;crase si soigneusement mon petit cœur de femme polonaise pour survivre, pour baiser ou parce que c’est la fin.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il dit qu’il faut faire des trucs bien sur les proph&#xe8;tes, sans leur donner de t&#xea;tes de bombes, lorsque je regarde mes r&#xea;ves parisiens se briser en air, et je me d&#xe9;go&#xfb;te des impossibilit&#xe9;s qu’ils m’imposent. Qu’ils m’offrent comme cadeaux sataniques. Comme des blagues qui finissent par tuer quelqu’un, ou le rendre incapable d’imaginer de s’imaginer beau, beau et bien bais&#xe9;, avec un tas de lendemains. De croire &#xe0; une mani&#xe8;re adulte de g&#xe9;rer la douleur, sans pr&#xe9;tendre qu’on a besoin de sa disgr&#xe2;ce pour continuer. Pour continuer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nous, les p&#xe9;d&#xe9;s, ou peut-&#xea;tre moi, le p&#xe9;d&#xe9;, on s’occupe trop de garantir notre bonheur que de la vivre vraiment. On ne se permet pas des moments de br&#xe8;ve gaiet&#xe9; parce qu’on a peur qu’ils nous trompent, qu’ils nous fassent perdre du sol, de la chair, de la pl&#xe9;nitude pr&#xe9;vue -- comme le p&#xe8;re qui quitte la chambre de l’enfant une fois que celui-ci commence &#xe0; dormir. Des petits gamins qui se disent trop fatigu&#xe9;s pour jouer une fois que tous les jeux ont &#xe9;t&#xe9; d&#xe9;licatement mis en place. Ou des sœurs que disent &#xab; oui &#xbb; et apr&#xe8;s &#xab; peut-&#xea;tre. &#xbb;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 12 Apr 2006 02:48:00 GMT</pubDate></item><item><title>metro rome</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/10/1675696.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/10/1675696.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1675696/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/10/1675696.html</guid><description>&lt;p&gt;Je rentre dans l’h&#xf4;tel et il me suit. Parce qu’il n’a pas de choix. Et parce qu’il sait que ses profits n’annulent pas les miens.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans l’ascenseur, je sens sa froideur d’homme &#xe9;loign&#xe9;, mais trop l&#xe2;che pour l’admettre (ou peut-&#xea;tre trop inutilement effray&#xe9; de faire du mal aux autres). C’&#xe9;tait dans l’agoraphobie des ascenseurs fran&#xe7;ais que notre lien de chair se montrait toujours in&#xe9;vitable. Il m’attrapait par les bras comme une chose ; m’embrassait tout en m’immobilisant, et c’&#xe9;tait seulement comme &#xe7;a que je pouvais mesurer son amour pour moi. Ses besoins, mes garanties. Oui, il est probable qu’il me baise ce soir.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Mais ce matin-l&#xe0;, il avait choisi de regarder les buttons, la porte, le plafond, et de ne rien dire. De transformer la petitesse de cet espace dans une grande chambre sans sol, sans pont, sans son, sans couleurs, sans mati&#xe8;re, sans brillance. Et avec des trous, partout. Des vall&#xe9;es sans fin. Sans, sans, sans. Comment &#xe7;a s’est fait, le paroxysme du castr&#xe9; social le comble du personnellement phallique en m&#xea;me temps?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans la chambre, cet homme confus et moi, on ne fait pas l’amour. On parle des choses sans vie et sans promesse ; de vraies choses qu’on touche, qu’on voit et qu’on essaye de surpasser. On raconte des petites histoires de voyages (de l’Am&#xe9;rique vers Paris ;  de Paris vers elle-m&#xea;me). On respire de l’air sans faim, sans myst&#xe8;re, d’une histoire anesth&#xe9;si&#xe9;e, au bord de larmes. Une histoire d’homme et de gar&#xe7;on. D’homme et de gar&#xe7;on. D’homme et de gar&#xe7;on. D’homme, d’homme, et de gar&#xe7;on. De haut et de bas. De trop et de rien. Et de rien que &#xe7;a. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Histoire de peau de cicatrice et de pore. De la couleur de l’homme. Tous les hommes. Tous. Tous, tous, tous. Une histoire si intime au d&#xe9;but qui devient, d’un coup, une histoire &#xe0; tous, sauf &#xe0; nous. Une histoire pour les livres jamais &#xe9;crits, pour ceux qui sortent d’eux-m&#xea;mes quelquefois dans leur vie. Une histoire qu’on peut raconter quand on a besoin de plus de tristesse pour noyer la tristesse, n&#xe9;anmoins.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et c’est impossible de ne pas s’&#xe9;tonner qu’on sorte de cette petite chambre inanim&#xe9;e sans faire l’amour. Sans s’embrasser follement. Sans se rappeler qu’on ne s’est pas vus depuis des semaines, des si&#xe8;cles. Sans prendre du temps pour se convaincre que la rue, que le dehors, ait quelque chose de plus important &#xe0; nous offrir que la chair, que des souvenirs. Comme si l’apr&#xe8;s pourrait &#xea;tre plus plein de promesses que l’avant. Comme si les idylles ne se rabougrissaient pas avec le temps. Comme s’il y avait quelque chose de plus beau, de plus d&#xe9;lirant, &#xe0; nous attendre au-dehors de cet ascenseur sans air, sans geste, sans sexe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 10 Apr 2006 00:51:00 GMT</pubDate></item><item><title>rue mouffetard</title><dc:creator>DiegoCosta</dc:creator><link>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/06/1652974.html</link><comments>http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/06/1652974.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://letranger.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/1652974/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://letranger.canalblog.com/archives/2006/04/06/1652974.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Je me sens au bout d’une transformation irr&#xe9;versible. Je commence &#xe0; devenir cette femme polonaise et idiote du m&#xe9;tro, qui aime selon l’intensit&#xe9; du vide qui vient de l’autre ; la femme qui s’&#xe9;chappe seulement quand elle est d&#xe9;j&#xe0; descendue trop bas. La femme capable pas de tuer, mais de mourir pour quelqu’un qui la hait, mais qui la touche au moins. Et qui la tol&#xe8;re. Qui la maintient suffisamment affam&#xe9;e pour ses regards &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;res, mais infaillibles quand m&#xea;me. Comme si elle n’&#xe9;tait pas d&#xe9;gueulasse, comme si elle n’&#xe9;tait pas d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;e, comme si elle se donnait le droit de choisir, comme si elle n’&#xe9;tait pas moche, et honteuse, et perdue, et b&#xea;te – et facile. Et cheap. Et faible. Comme si elle ne se donnerait pas &#xe0; n’importe qui s’il d&#xe9;montrait un petit peu de bonne volont&#xe9;. De cl&#xe9;mence envers des cœurs na&#xef;fs. Sans propri&#xe9;taire, sans aucune perspective de gaiet&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je le regarde et il ressemble &#xe0; un clochard. Un clochard &#xe0; la Gus Van Sant ou Gregg Araki ; moiti&#xe9; junkie cru, moiti&#xe9; po&#xe8;te sans po&#xe8;me; de toute fa&#xe7;on stylis&#xe9;. Un homme sans abri, mais pas sans choix. Sans moralit&#xe9;, mais pas sans savoir ce que s’est que la dignit&#xe9;. Sans sous, sans femme, sans boulot, sans mot, sans droits, sans but, sans r&#xea;ve, sans caprice. Mais un homme avec qui je me permettrais l’audace d&#xe9;licieuse et calamiteuse de tout laisser tomber pour qu’il me prenne -- et qu’il ne me l&#xe2;che pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si lui, il avait pu lire, comprendre des trucs abstraits, des choses de l’&#xe2;me pensante, il serait quelqu’un de tr&#xe8;s dangereux. Mais non. Il ne l’a pas eu cette chance l&#xe0;, ou ce fardeau. Et alors il est l&#xe0;, devant moi. Et il me donne un bisou discret, comme s’il demandait quelque chose. Qu’il sait que je lui donnerai. Et dont j’ignore le vrai motif, il le sait. . Et comme si je n’appartiendrais pas trop &#xe0; lui pour me foutre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 06 Apr 2006 03:11:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>